12/11/2007

Le mot du président

Bon jusqu’a présent vous n’avez pas eu l’occasion de me lire. Oh pas que je n’ai rien a dire mais il me semblait important de laisser a nos 3 clowns la possibilité d’exprimer des sentiments non pervertis par l’expérience d’un vieil humanitaire qui le plus souvent savait a quoi il allait être confronte. Cela dit, cette mission est aussi riche d’enseignements pour moi alors just’avant de quitter Bunia et d’ici 4 jours de laisser nos 3 clowns voguer de leurs propres ailes, je vais me permettre de me lâcher un tout petit peu…Désolé s’il reste des mots sans accent mais les claviers ici ont toutes les couleurs de l’arc en ciel… Bunia, c’est sans aucun doute une caricature d’Afrique: chacun dans un rôle qui ne laisse finalement qu’assez peu de place a la rencontre. Une ville quadrillée de 4X4 blancs UN ou blancs légèrement colorés des ONG avec des check points entourés de blindes et gardes par des casques bleus Népalais, Urugayens ou Bengladeshis. Pourtant en apparence, tout est calme…Les routes défoncées voient chaque matin des milliers d’enfants emprunter le chemin de l’école, les rues résonnent de champs d’église, les petites échoppes se succèdent le long de la piste enpoussiérée.. Pas très différent du reste des bourgades congolaises en somme. Sauf qu’ici la presence massive des UNs et des humanitaires a profondement modifié l’économie locale: Désireux de profiter de cette mane, la plupart des habitants de Bunia fortunés se sont empressés de  louer fort cher leur habitation a cette marée d’etrangers qui ont soudain debarqué de toutes parts. Depuis lors, la vie ici se déroule à 2 vitesses comme si les 2 communautés vivaient dans un monde parallèle. Bien sûr il y a des exceptions. Bien sûr il ne tient qu’à toi de franchir le pont, de descendre de ta bagnole…de descendre à la rivière, d apprendre quelques mots de langue locale,… Après tout, nous ne sommes pas obligés de suivre toutes les règles que se sont imposés tous les autres Muzungus du coin. Mais ce n’est pas si simple. Franchir le pont c’est bien. Mais ce n’est pas suffisant. On ne change pas du jour au lendemain100 années de vie commune où les stéréotypes n’ont pas cessé d’être renforcés. Quand un Congolais de la rue regarde un blanc, il voit d’abord un patron qui par définition naît le cul dans le beurre. Et puis tout ce déploiement de force, toutes ces soirées privées où l’alcool coule a flot, ce personnel de maison pléthorique, ces radios HF et même la grille de salaire proposée  aux employés locaux par les ONGs, tout le crie: Here is money!  Alors bien évidemment, pas facile facile pour une démarche qui s’adresse d’abord au coeur de trouver ici sa place naturellement. Nous ne sommes pas non plus exempts de contradictions. Pour deux de nos clowns, c’est une première en Afrique et ce premier contact avec la terre rouge de cette Afrique centrale qui n’arrête pas de souffrir n’est pas exempt d’appréhensions: Peur des maladies, peur de l’insécurité, peur du nombre, peur…de l’inconnu tout simplement. Alors, on tente le difficile compromis: Celui qui consiste a prendre chez les Muzungus tout ce qui rassure et nous gratifie du petit confort dont nous avons tant besoin loin de nos proches et à tenter le pari de choisir le moment où l’on se décidera a franchir le pont tout en réintégrant notre univers rassurant a la première angoisse venue....En espérant que la simple vue d’un sourire et d’un bonjour en langue locale changera tout. Et non petits clowns, pas si simple.  Mais il faut pourtant savoir prendre du recul. Le nez rouge, le sourire et puis le spectacle, c’est un début…c’est exotique, cela ne rentre pas dans les stéréotypes habituels, quelque chose se passe, c’est très fort et c’est très perturbant pour tout le monde.  On ne reconnaît pas ici le modèle du patron qui commande…Mais une fois le spectacle terminé, les clichés reprennent le dessus, et fort naturellement, la main se tend: Pourquoi n’y aurais je pas droit  moi non plus??? Allons petits clowns, tout ceci n’est en fait que bien trop normal. Il faut simplement ne pas s’arrêter au milieu du pont et accepter que le regard que l’autre pose sur nous n’est pas simplement le reflet de ce qu’il voit mais aussi de tout ce qu’il a vu. Alors même si la démarche j’en suis plus que jamais convaincu se suffit a elle-même, pour le reste il faut donner du temps au temps et certainement aussi accepter de sortir de notre propre zone de confort.   De la difficulté de vivre ensemble: La-lo-e: Un homme, deux femmes, des tonnes de possibilités…Trois personnes a la personnalité riche et débordant d’émotions. Partir ensemble, c’est accepter de vivre a trois une véritable aventure. Vivre 24 heures sur 24 ensemble, quelquefois dans la même chambre. Et qui dit aventure dit inconnu, stress, remise en question, et inévitablement conflits. Ces deux premières semaines d’aventure ont été riches en émotions de toutes sortes. Pas facile de gérer le groupe quand déjà on a du mal a se gérer soi-même. Alors en route pour les montagnes russes…Un jour haut, un jour bas, un jour avec lui, un jour avec elle…Pourtant, en bout de course, un vrai trio s’est formé. Un trio fier d’avoir ensemble eu le courage de prendre sur soi quand il le fallait et de repartir de l’avant plutôt que de laisser tomber les bras…Un trio capable aussi de patience les uns vis a vis des autres. Les moments ou trois personnes sont toutes a 100 % sont rares, il ne faut pas les laisser passer. Je sais déjà que vous irez jusqu’au bout du chemin et qu ‘en fin de compte vous reviendrez plus forts. Je sais aussi que fort de la confrontation à autant d’environnements différents, les trois semaines qui s’annoncent seront encore plus fortes et que vous serez beaucoup plus à même de gérer votre stress et d’être disponibles pour la rencontre tout simplement. Pour notre dernier dimanche à Bunia ;, nous avons décidé de sacrifier à la pratique locale et nous avons donc été nous produire sur le parvis de l’église, à la sortie de la quatrième messe (trop de croyants pour les rassembler en moins de messes), celle qui se termine à 13h40…

Une super représentation avec pour changer Lars en leader du « tche tche coule » et chacun se donnant quelques libertés en terme d’impro. Un public conquis en habits du dimanche et à nouveau un bon 350 personnes…

 EGLISEBUNIA Je ne résiste pas à vous faire faire voir aussi le visage de Zoé après deux expositions prolongées au soleil ainsi qu’une photo de Maman Chantale, notre superbe cuisinière aux 7 enfants. ZOENEZROUGE

CHANTALEETCO
 

Nous partons ce jour sur Goma où nous changeons de public: Avec Solidarités et le HCR, nous devons nous rendre de mar

10:36 Écrit par Laloe | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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